Sénégal -Crise à l’ARP : les tensions syndicales ravivent les inquiétudes sur la gouvernance du médicament au Sénégal

Au-delà de la polémique autour des nominations à l’Agence de Réglementation Pharmaceutique (ARP), la sortie de l’Alliance des Syndicats Autonomes de la Santé (ASAS) And Gueusseum met en lumière une problématique plus profonde : celle de la gouvernance du secteur pharmaceutique au Sénégal et de ses répercussions sur la qualité des soins.
Si le syndicat avait initialement salué la nomination d’un nouveau Directeur Général, perçue comme une opportunité de décrispation, les décisions prises dans la foulée par le ministère de la Santé viennent raviver les tensions. En dénonçant des nominations « précipitées » à des postes stratégiques, And Gueusseum alerte surtout sur un risque de blocage institutionnel au sein d’une agence clé dans la régulation du médicament.
Car l’enjeu dépasse largement une querelle administrative. L’ARP joue un rôle central dans l’homologation des médicaments, le contrôle de leur qualité et la sécurisation du circuit pharmaceutique. Toute instabilité à ce niveau pourrait fragiliser les mécanismes de régulation, avec des conséquences directes sur l’accès à des médicaments sûrs et efficaces pour les populations.
Dans ce contexte, l’annonce d’une grève perlée les 26 et 27 mars suscite des inquiétudes supplémentaires dans un système de santé déjà sous pression. Le boycott des activités de supervision, de coordination et de formation risque d’impacter le fonctionnement des structures sanitaires, notamment dans le suivi des programmes de santé publique.
En toile de fond, cette crise révèle la persistance d’un malaise entre autorités sanitaires et partenaires sociaux. Malgré les tentatives de médiation, comme la séance d’écoute organisée à Saly par le Haut Conseil du Dialogue Social, le dialogue semble peiner à produire des résultats concrets.
Pour les observateurs du secteur, l’urgence est désormais double : rétablir un climat de confiance au sein des institutions sanitaires et garantir la continuité du service public de santé. Car au final, ce sont les patients qui pourraient payer le prix de ces dysfonctionnements.
Nouah Biaye
Journaliste à Kaolack ( Sénégal ).
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