« Cacao en crise : Quel avenir pour le moteur de l'économie ivoirienne ?

Le "miracle ivoirien" a un goût de cendre. En ce mois de mars 2026, la nouvelle est tombée comme un couperet sur les campements : le prix bord champ pour la campagne intermédiaire a été fixé à 1 200 FCFA le kilo, contre les 2 800 FCFA espérés. Une chute vertigineuse qui foudroie les espoirs des producteurs.

Pendant que les bourses mondiales spéculent, le verger ivoirien, lui, s’épuise. Entre un climat devenu illisible et le virus du swollen shoot qui dévore des hectares entiers, les rendements s’effondrent. Pour le planteur, l'équation est devenue impossible : comment scolariser ses enfants ou se soigner quand les revenus fondent de 60 % en une saison ?

Le moteur de notre économie ne se contente plus de tousser ; il menace de s’arrêter. La crise actuelle n'est pas qu'une question de chiffres, c'est une détresse sociale profonde. Si rien n'est fait pour garantir un prix qui ne dépend pas des seuls vents de Londres ou New York, c'est tout l'équilibre rural qui risque de basculer.

Demain, qui voudra encore tenir la daba ? Sans une réforme radicale plaçant la dignité du producteur au-dessus des intérêts des multinationales, le chocolat restera un luxe pour le monde, et une malédiction pour ceux qui le cultivent. L'heure n'est plus aux promesses, mais à la survie du monde paysan, Ange Houphouet.

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