L’annonce de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l’Organisation des Nations unies n’a rien d’anodin. Elle s’inscrit dans une tradition diplomatique où les anciens chefs d’État tentent de transformer leur capital politique national en influence mondiale. Mais dans le cas de l’ex-président sénégalais, l’ambition se heurte à une réalité plus complexe : celle d’un monde multipolaire… et d’un héritage discuté. Pour en savoir plus, nous avons interrogé certains acteurs politiques y compris des citoyens sénégalais à se prononcer là-dessus. Reportage
Macky Sall existe politiquement et diplomatiquement
Officiellement déposée en mars 2026, la candidature de Macky Sall a été portée par le Burundi et examinée dans le cadre du processus de succession d’António Guterres . Elle s’inscrit dans une logique stratégique : faire valoir une voix africaine à la tête de l’ONU, dans un contexte où le continent réclame davantage de représentation, notamment au Conseil de sécurité. « Ce qui me parait particulièrement pertinent dans le profil de Macky Sall, c’est sa cohérence dans la durée. Il ne s’agit pas simplement d’un ancien chef d’Etat. Il s’agit d’un dirigeant qui a su construire, au fil des années, une présence crédible sur les dossiers internationaux, tout en restant profondément ancré dans les réalités africaines » explique Alpha Barry, ancien Ministre des Affaires étrangères au Burkina Faso. Ce qu’il a observé chez lui, c’est une manière de traiter les enjeux avec méthode, mesure, mais aussi avec constance. Pour l’ancien ministre des affaires étrangères du Burkina Faso, « Macky Sall a su exister politiquement et diplomatiquement ».Et cette capacité à inscrire son action dans le temps long est, à ses yeux, un élément déterminant. Il fait rappeler que « Macky Sall a assumé des responsabilités continentales à la tête de l’Union Africaine ».
De son côté, Me Aissata Tall Sall, ancienne ministre des affaires étrangères au Sénégal, actuellement parlementaire à l’Assemblée Nationale se désole du comportement des autorités sénégalaises : « le Sénégal est le seul pays à ne pas soutenir l’un de ses fils pour un poste aussi éminent ». Elle a même rappelé le cas Abdoulaye Wade qui, pourtant était son ennemi numéro 1, malgré tout avait soutenu la candidature d’Abdou Diouf à la tête de l’organisation internationale de la francophonie.
Pour d’autres sénégalais que nous avons interrogés, les autorités actuelles doivent oublier en défendant la cause d’un sénégalais. « Quoi qu’on dise, Macky Sall a beaucoup travaillé pour le pays, même si par moment, il a fait des dérives » renseigne A.Fall étudiante en deuxième droit à la faculté juridique de l’université cheikh Anta Diop ;
Macky Sall contesté par le régime actuel
Sur le papier, Macky Sall a un cv riche: ancien chef d’État (2012-2024), acteur diplomatique reconnu, défenseur des intérêts du Sud global et de l’allègement de la dette africaine . Dans une ONU en quête de légitimité face aux crises globales, ce profil peut séduire.
Mais la fonction de secrétaire général ne repose pas seulement sur le CV. Elle exige une forme de neutralité morale et politique. Qu’à cela ne tienne, il est vivement contesté dans son pays, par le régime actuel. En tout cas, les prochains mois édifieront. Qui vivra verra!
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