Farba Senghor est un homme politique sénégalais, ancien conseiller spécial du président Abdoulaye Wade, qui a occupé plusieurs fonctions ministérielles. Il a accepté de se livrer à nos questions pour nous accorder un entretien afin de se prononcer sur l'actualité au Sénégal et ailleurs concernant lacandidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU. Entretien...
Newsaip: Monsieur le Ministre, Deux ans à la tête du Sénégal, quel bilan pour le Président de la République du Sénégal, Bassirou Diomaye Faye ?
Farba Senghor : Le bilan du Président Bassirou Diomaye Faye est mitigé, contrasté par deux années de pouvoir. Il n’y a pas encore de résultats jusqu’à présent et le gouvernement se cherche. Seulement parmi les avancées, on peut noter l’intention du gouvernement, l’intention de restaurer la transparence budgétaire, de réformer la justice, d’améliorer le pouvoir d’achat des Sénégalais, de lutter contre la corruption et également la renégociation des contrats sur les ressources énergétiques notamment les hydrocarbures, les ressources minières, les télécommunications et la suppression d’agences dites « d’œuf au total ». Mais en fait, il n’y a pas encore de réel bilan, il n’y a pas encore de réalisations parce que comme vous le constatez du fait des difficultés que le Sénégal a pour continuer son programme avec les institutions de Bretton Woods notamment le FMI et la Banque Mondiale, il y a la rareté de l’argent.
Le Sénégal n’a pas su signer un contrat ainsi il a dû faire face à une dette lourde et le pays est obligé de s’appuyer sur le
marché régional de l'UEMOA ou sur l’épargne publique pour assurer le fonctionnement du Sénégal.
Ce qui fait qu'il y a vraiment des difficultés un peu partout qu’on le veuille ou non, du fait du chômage qui n’a pas baissé parce que les jeunes ont presque perdu de l’espoir, ils continuent à affluer vers l’Espagne. Il y a également beaucoup de jeunes qui avaient des emplois dans les agences et qui les ont perdus du fait des querelles politiques. On a pu noter aussi qu'il y a ce que le gouvernement appelle rupture avec la cassure de plusieurs programmes dont celle qui concernait plus de 300 à 500 000 familles de bourses familiales. Il y a aussi Xeyu Ndaw Ñi plus de 300 000 jeunes tout cela plus les jeunes qui étaient employés dans le programme d’entretien routier.
Newsaip: Présentateur : Comment analysez-vous la situation dans le monde rural ?
Farba Senghor : Le Sénégal connaît une période de chômage très difficile avec les difficultés aussi qu’a le secteur du bâtiment, des ponts et de la construction. Dans le monde rural également, on a constaté cette année une campagne électorale très difficile et beaucoup de personnes parlent même d’échec dans la mesure où les paysans n’ont pas pu vendre leur récolte dans les conditions annoncées par le gouvernement, 300 francs le kilogramme d’arachide. Ils ont dû la plupart du temps brader les récoltes de 225, 250, 275 au maximum ce qui fait que vraiment il y a une situation difficile pendant ces dernières années.
Newsaip: Vous avez tout à l’heure parlé de la réforme des contrats pétroliers concernant les ressources pétrolières. Alors l’actuel Premier ministre accuse l’ancien régime, est-ce que vous partagez son avis ?
Farba Senghor : Non en fait, il est très facile d’accuser parce que si on est en dehors du gouvernement on connaît rarement les mécanismes et les conditions qui sont soumises à ces différents contrats. Parce qu’en fait, le Sénégal comme beaucoup de pays africains et beaucoup de pays en voie de développement n’ont pas les moyens d’exploiter leurs ressources. Donc ils ont dû en faire face à des compagnies pétrolières internationales qui se sont imposées partout dans le monde. Des contrats ,bien entendu on peut les considérer comme léonins mais on ne peut pas du jour au lendemain changer le monde. Il faut que le gouvernement d prend d'une manière beaucoup plus prudente tout en assurant , aux Sénégalais dans le cadre de la souveraineté que ce nouveau régime appelle l’accès aux différentes ressources. Parce que si ces différentes compagnies quittent brusquement le Sénégal et comme c’est le cas, on a parlé du départ de BP y compris de Kosmos, donc cela aura une influence importante sur l’environnement des affaires.
Newsaip: Mais Monsieur le Ministre est-ce une bonne chose de renégocier ?
Farba Senghor : C’est une bonne chose de renégocier mais il faut savoir renégocier, il faut garantir donc à l’autre partie le minimum possible, il faut également faire de telle sorte que le peuple sénégalais se reconnaisse donc dans ces nouveaux engagements.
Newsaip : Entre réforme engagée, vous l’avez dit tout à l’heure, maîtrise des prix de l’électricité et les ambitions pour le secteur agricole, à vous entendre parler actuellement rien ne bouge. Maintenant sur quel levier s’appuyer pour sortir le Sénégal de l’ornière ?
Farba Senghor : Non tout le monde le sait, c’est un problème politique, le problème est purement politique. Tout le monde sait que le gouvernement qui est arrivé au pouvoir n’a pas beaucoup d’expérience donc la plupart d’entre eux ne se sont pas confrontés à la gestion de l’État donc il est plus facile de s’opposer de l’extérieur mais il est difficile de faire face à la réalité. Donc le premier problème , il faut que le gouvernement puisse donc s’appuyer sur les forces nationales d’abord avec les anciens partenaires du Sénégal ,que ce soit dans le domaine économique ou dans le domaine diplomatique dans les relations avec les pays.
Newsaip : Monsieur le Ministre, faut-il s’en prendre au sommet de l’État ?
Moussa Farba Senghor : Il faudrait également que le gouvernement gouverne avec discernement en évitant donc cette guerre au sommet, cette hiérarchie entre le Président de la République Diomaye Faye et son Premier Ministre, je crois que légitimement ce n’est pas lui qui a porté tout le combat bien qu’il soit premier ministre nommé par le Président de la République à qui la constitution donne le pouvoir de nommer qui il veut et de limoger qui il veut. Je crois qu'il faut que les rapports entre les deux hommes soient sains.
Ensuite on ne peut pas se battre donc au sommet de l’État. On considère actuellement qu' il y a la cohabitation entre lui et le Président de la République ce qui n'est pas un réalisme parce que c’est lui Sonko le Premier ministre qui a porté le combat donc c’est à lui de tout faire pour que le Président puisse gouverner dans les meilleures conditions afin de gérer les destinées du pays. Maintenant à la fin du mandat il est possible que lui-même ,malgré les obstacles qui sont dressés, qu'il puisse ambitionner à devenir Président mais ce sera aprés Diomaye. En somme, au sommet de l'Etat, on doit éviter cette pseudo cohabitation qui n’en est pas une, parce qu'il s’agit du duo.Le président de la République est élu au suffrage universel.Il doit trouver un compromis avec son Premier Ministre pour tairer les querelles.
Newsaip: Que pensez de la candidature de Macky Sall au poste de secrétaire général de l'ONU
Farba: C'est un sénégalais qui a lescompétences pour briguer à ce poste.Nous devons tous s'unir pour lui apporter un soutien sans faille.J'invite le président Bassirou Diomaye Faye à lui apporter un soutien u compris son gouvernement. Le talent de l'ancien président du Sénégal, Macky Sall est connu un peu partout dans le monde.
Recueillis par M.Gaye
Vous devez être connectés pour poster un commentaire.