Reportage :Sénégal- Médina Laïty : un village entre héritage historique, cohésion sociale et défis d’infrastructures

Niché dans la commune de Keur Socé, à environ 3,5 km de l’axe Keur Madiabel et à 5 km du chef-lieu communal, le village de Médina Laïty, encore appelé Keur Mamadou Ba, s’impose comme un espace rural marqué par une histoire singulière, une diversité communautaire assumée et des défis persistants en matière de développement.
Un héritage fondé sur la foi et la mémoire collective
Créé dans les années 1950 par Thierno Mamadou Ba, le village de Médina Laïty tire ses origines d’un parcours marqué par la spiritualité et l’ancrage communautaire. Avant son installation définitive, le fondateur avait séjourné à Keur Modio, où il aurait amorcé les premières bases de la communauté.
Initialement nommé Médinatoul Mounawara, le village a finalement pris l’appellation de Médina Laïty en hommage à un notable sérère du nom de Laïty, figure respectée vivant sur les lieux à l’époque de l’installation. Ce choix symbolique illustre, selon les témoignages locaux, une volonté de reconnaissance et de cohabitation harmonieuse entre communautés.
Aujourd’hui, le village est composé majoritairement de Peulhs du Fouta, de Peulhs du Diéry et de Sérères, vivant ensemble dans un climat de solidarité et de respect mutuel.
Une économie rurale dépendante de l’hivernage
L’économie locale repose
essentiellement sur l’agriculture, fortement tributaire de la saison des pluies. Durant l’hivernage, les activités champêtres mobilisent l’essentiel des habitants, mais restent vulnérables aux aléas climatiques, ce qui fragilise les revenus des ménages.
Des infrastructures encore insuffisantes
Malgré l’accès à l’électricité et la présence de bornes fontaines, Médina Laïty fait face à un déficit notable d’infrastructures de base, notamment dans le secteur de la santé et des routes.
Selon un acteur local, Moustapha Ba, l’hivernage met particulièrement en évidence l’enclavement du village et les difficultés de déplacement des populations. L’absence de routes praticables constitue un frein majeur à la mobilité, surtout en période de fortes pluies.
« Les populations peinent à vaquer normalement à leurs occupations quotidiennes », souligne-t-il, en insistant sur les conséquences directes de cet enclavement.
L’évacuation sanitaire, un défi majeur
L’un des problèmes les plus préoccupants reste l’évacuation des malades. En saison des pluies, les pistes deviennent impraticables, compliquant considérablement l’accès aux structures sanitaires.
Les femmes enceintes sont particulièrement exposées à ces difficultés. Faute de moyens de transport adaptés, elles sont parfois contraintes d’être évacuées à l’aide de charrettes ou de vélos-taxis, dans des conditions jugées précaires par les habitants.
Le village dispose d’une structure sanitaire installée dans une maison, mais celle-ci est largement considérée comme insuffisante pour répondre aux besoins de la population.
En cas d’urgence, les patients sont souvent référés vers Kouthié, situé à environ 5 km, ou Lamarane, à 2 km, accentuant les risques liés aux délais d’intervention.
Un appel à renforcer les infrastructures rurales
Au-delà de ses richesses historiques et de sa cohésion sociale, Médina Laïty illustre les réalités de nombreux villages ruraux du Sénégal confrontés à l’enclavement et au manque d’infrastructures essentielles.
Les populations appellent ainsi à un renforcement des routes, des équipements sanitaires et des services sociaux de base afin d’améliorer durablement leurs conditions de vie et de faciliter l’accès aux soins, notamment en période d’hivernage.
Vous devez être connectés pour poster un commentaire.