Sénégal- Kahone : dans les murmures d’une capitale oubliée, la mémoire toujours vivante

À quelques kilomètres de Kaolack commune , une piste discrète mène à Kahone. Ici, le temps semble suspendu. Les baobabs imposants, les concessions traditionnelles et le silence chargé d’histoire racontent encore le passé glorieux de cette ancienne capitale du royaume du Saloum.

Sous l’ombre d’un baobab centenaire, Zeuss Aba Galo Seck ajuste son boubou et commence à dérouler le fil de l’histoire, comme le faisaient avant lui les anciens.
« Kahone n’est pas un village ordinaire. C’est ici que les Maad Saloum régnaient. Chaque arbre, chaque pierre a une histoire », confie-t-il d’une voix posée.
Une mémoire qui se transmet à l’oral
Dans cette localité, l’histoire ne s’apprend pas dans les livres. Elle se vit et se transmet de génération en génération. Zeuss Aba Galo Seck, communicateur traditionnel, joue un rôle clé dans cette transmission.
« Nous sommes les gardiens de la parole. Si nous ne racontons pas, l’histoire disparaît », insiste-t-il.
Autour de lui, quelques jeunes écoutent attentivement. Une scène simple, mais essentielle : celle de la survie d’un patrimoine immatériel.
Des vestiges qui parlent encore
À travers Kahone, les traces du passé sont visibles, mais discrètes. Ici, une tombe royale recouverte de sable. Là, les restes d’un ancien site de pouvoir. Plus loin, des arbres sacrés que les habitants continuent de respecter.
« Ces lieux ne sont pas des ruines. Ce sont des symboles. On ne les touche pas sans respect », précise le communicateur.
Entre oubli et résistance culturelle
Malgré sa richesse historique, Kahone reste peu connue. L’ombre de Kaolack, devenue capitale économique, a progressivement éclipsé son importance.
Mais pour les habitants, pas question d’oublier.
« On parle beaucoup de développement, mais il ne faut pas perdre notre identité. Kahone doit être protégée », plaide Zeuss Aba Galo Seck.
Un héritage à valoriser
Aujourd’hui, certains acteurs locaux appellent à une meilleure valorisation de Kahone : circuits touristiques, conservation des sites, transmission culturelle.
Car au-delà des vestiges, c’est toute une mémoire vivante qui demande à être reconnue.
Une capitale qui respire encore
À Kahone, l’histoire ne dort pas. Elle respire dans les récits, dans les rites, dans le regard des anciens.
Et comme le résume Zeuss Aba Galo Seck, avant de se lever lentement :
« Kahone ne disparaîtra pas tant que quelqu’un sera là pour raconter son histoire. »
Vous devez être connectés pour poster un commentaire.