Sénégal / Kaolack : la ferraille, un secteur pourvoyeur d’emplois confronté à de nombreuses difficultés
Souvent considérée comme une simple activité de récupération de métaux usagés, la filière de la ferraille joue pourtant un rôle important dans l’économie et la création d’emplois à travers le monde. Collecte, tri, transport, transformation et commercialisation : cette chaîne d’activités fait vivre de nombreux travailleurs et contribue également au développement de l’économie circulaire.
À l’échelle mondiale, le recyclage constitue une importante source d’emplois. Selon l’Organisation internationale du Travail (OIT), au moins 6,9 millions de personnes travaillent dans la gestion des déchets et le recyclage, tandis que le développement du recyclage pourrait générer plusieurs millions d’emplois supplémentaires d’ici 2030 a révélé Serigne Momar Sokhna, président régional des ferrailleurs de Kaolack une ville située au centre du pays.
La ferraille présente également un intérêt environnemental majeur. Son recyclage permet de récupérer des matières premières, de réduire la pression sur les ressources naturelles et de contribuer à la diminution des émissions liées à la production de métaux à partir de minerai. L’OCDE souligne ainsi que le recyclage de la ferraille occupe une place stratégique dans les efforts de décarbonation de l’industrie sidérurgique.
Au Sénégal, et particulièrement à Kaolack, cette activité constitue une source de revenus pour de nombreux acteurs. Serigne Momar Sokhna, président régional des ferrailleurs de Kaolack, met toutefois en garde contre les difficultés qui fragilisent la filière.
Selon Serigne Momar Sokhna, derrière la récupération et la commercialisation de la ferraille se trouvent des entreprises, des travailleurs et de nombreuses familles qui dépendent directement ou indirectement de cette activité. Il appelle ainsi les pouvoirs publics à accorder davantage d’attention au secteur et à créer un cadre permettant aux professionnels d’exercer leurs activités dans de meilleures conditions.
Les difficultés liées à la réglementation, à l’accès au marché, aux conditions de travail et à la commercialisation constituent, selon les acteurs, autant de facteurs qui pèsent sur la viabilité de la filière.
Pour Serigne Momar Sokhna, la valorisation du secteur passe notamment par un meilleur accompagnement des ferrailleurs, une réglementation claire et stable, ainsi que par des mesures favorisant la création d’emplois et la transformation locale des métaux.
La question de la formalisation apparaît également comme un enjeu majeur. Dans plusieurs pays, l’OIT relève que les travailleurs du recyclage évoluent encore largement dans l’économie informelle, avec des difficultés d’accès à la protection sociale, à la sécurité au travail et à des revenus stables.
À Kaolack, les acteurs de la filière souhaitent donc que la ferraille soit davantage perçue comme un véritable secteur économique, capable de contribuer à l’emploi des jeunes, à la préservation de l’environnement et au développement de l’économie circulaire, plutôt que comme une activité marginale.
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