Sénégal: l'Opposition boycotte l'invitation du ministre de l'Intérieur Me Bamba Cissé

L’absence peut parfois être plus éloquente que les discours les mieux préparés. En choisissant de boycotter la rencontre avec le ministre de l’Intérieur, Me Bamba Cissé, l’opposition ne s’est pas contentée de refuser une invitation : elle a posé un acte politique lourd de sens. Reportage

Ce boycott s’inscrit dans un climat de méfiance persistante entre les acteurs politiques. Pour l’opposition, participer à cette rencontre aurait pu être perçu comme une caution implicite d’un processus qu’elle juge biaisé ou insuffisamment inclusif. En désertant la table des discussions, elle envoie un message clair : le dialogue ne peut être sincère que s’il repose sur des bases équitables et transparentes.Pour Barthelemy Diaz président du mouvement dénommé Senegal Binu Bokk, il a calé un autre rendez-vous c'est à dire son mouvement tiendra son assemblée générale.De son côté, Abdoulaye Ndiaye ancien parlementaire, responsable politique de l'Apr,  "cette rencontre n'a pas sa raison d'être parce que, dit-il, le projet de modification des articles L29 et L30 que les députés de pastef ont voté est inutile. Il se dit convaincu que le conseil constitutionnel va rejetter cette loi. Pour Moundiaye Cissé, membre de la societé civile," cette renfontre devrait avoir lieu avant que les députés de la majorité pastef ont voté leur loi sur la modification du code électoral.

Des citoyens sénégalais disent la même chose, en invitant le président de la République à taire ses mauvaises pratiques.

Mais cette stratégie comporte aussi ses risques. En politique, la chaise vide laisse toujours place à une narration alternative. Le pouvoir peut ainsi se prévaloir d’avoir tendu la main, tandis que l’opposition pourrait être accusée de fuir ses responsabilités. L’opinion publique, quant à elle, se retrouve prise entre deux lectures : celle d’un refus légitime et celle d’un blocage contre-productif.

Au fond, ce boycott soulève une question essentielle : comment construire un dialogue politique crédible dans un contexte de défiance généralisée ? Refuser de participer est parfois une forme de protestation nécessaire, mais le véritable enjeu reste la capacité des acteurs à recréer les conditions d’un échange utile.

Car au-delà des stratégies et des postures, c’est l’intérêt des citoyens qui devrait primer. Et pour cela, ni les absences répétées ni les invitations sans garanties ne suffiront. Il faudra, tôt ou tard, transformer les tensions en véritable espace de discussion.

En politique, refuser de s’asseoir à la table peut être un signal fort. Mais encore faut-il qu’il ouvre la voie à autre chose qu’un simple face-à-face figé.

.M.Gaye

Vous avez aimé cet article? Restez informé en vous inscrivant à notre newsletter !

Commentaires

Vous devez être connectés pour poster un commentaire.

à propos de l'auteur